Lorsque j’ai appris que le SEOcampus fêtait ses 10 ans, j’ai trouvé l’occasion idéale pour faire une petite escapade à Paris et participer à cet événement majeur pour toute la communauté SEO et webmarketing en France. Après avoir gratté mon bloc-notes durant 2 jours (eh oui, je suis un élève studieux), je vous livre ici mon compte rendu et mon analyse des tendances SEO pour cette année 2018.

 

Tendances SEO : Recherche vocale & People Also Ask

 

Les choses bougent du côté de Google. Une grosse update au début du mois de mars, les PAA (People Also Ask) apparus dans les SERPs il y a peu, un Speed Update qui arrive en juillet. Mais comme le rappelle Olivier Andrieu, les fondamentaux restent les mêmes et pour ceux qui suivent les directives de Google, il n’y a en principe pas de souci à se faire.

Recherche vocale et People Also Ask (PAA) sont liés puisque le premier impacte le second. Natalia Zhukova a présenté une étude réalisée avec Raphaël Doucet s’appuyant sur la base de données française de SEMrush totalisant 12 millions de mots clés. Les PAA se déclenchent pour environ 4 % des requêtes et le plus souvent pour les mots clés de mid et long tail. Les PAA ont aussi tendance à s’afficher davantage sur mobile que sur desktop. Autre information intéressante, les pages sélectionnées dans les PAA ne rankent pas dans le top 100 dans 32 % des cas sur desktop et 66 % sur mobile.
Les PAA seraient donc une opportunité pour attirer du trafic de longue traîne pour des sites n’ayant pas un Trust Flow et un Citation Flow suffisants pour ranker sur la 1ère page.

Concernant le comportement des utilisateurs, la recherche vocale se développe et représenterait aujourd’hui 20 % des requêtes sur Google. Elle est liée à la position 0, le fameux Featured Snippet s’affichant lors de certaines requêtes. Les assistants vocaux reprennent la plupart du temps ce contenu lorsqu’ils répondent à une question d’un utilisateur. Se positionner dans les premiers résultats devient plus que jamais une priorité pour que Google reprenne votre contenu dans le Featured Snippet.

D’une part il faut relativiser ce chiffre, car il provient seulement de l’application Androïd comme Olivier Andrieu l’a rappelé durant son intervention (retrouvez les slides de la présentation ici). D’autre part, ces chiffres valent pour les Etats-Unis seulement. Rappelons la dernière étude de Comscore qui met aussi en évidence une particularité pour la France au niveau de l’usage des différents appareils. En France, l’ordinateur est toujours utilisé à plus de 50 % pour surfer sur le web alors que dans de nombreux autres pays les utilisateurs ont un réel usage multiplateforme. Au final, la recherche sur mobile est probablement beaucoup moins élevée dans la réalité et le chiffre avancée de 50 % de recherche vocale en 2020 paraît bien exagéré.

Usage mobile digital en France

 

Facteurs les plus importants pour ranker

 

Autre travail intéressant présenté durant ce SEOcampus, l’étude réalisée par Kevin Richard et Sylvain Peyronnet sur les critères les plus impactant pour la performance SEO. La principale information qui ressort de cette étude est la corrélation entre le Citation Flow d’un domaine et son ranking. Le Citation Flow semble avoir plus d’impact sur le positionnement que le Trust Flow. C’est donc la quantité de liens pointant vers un domaine qui reste le facteur le plus important pour se positionner.

 

« Les outils SEO ne servent à rien »

 

J’ai également apprécié l’intervention de Daniel Roch avec sa présentation intitulée « Les outils SEO ne servent à rien ». Au-delà du titre un peu subversif, il tient à nous rappeler que les outils ne font pas tout et ne remplacent pas le jus de crâne. Avoir une confiance aveugle dans nos outils nous amène à des diagnostics erronés et peut potentiellement ruiner une stratégie SEO.

Les outils de crawls comme Xenu ou Screaming Frog ne remontent pas les mêmes résultats, pareil pour SEMrush et Yooda ou AHREFS et Majestic. D’où l’importance de toujours recroiser les données pour éviter les mauvaises surprises par la suite. Il est par exemple possible de bloquer les robots crawlers des différents outils via le fichier robots.txt pour empêcher les concurrents de récolter des données.

Avec la multiplication des outils SEO aujourd’hui, j’ai trouvé cette intervention très pertinente. Entre les outils ultra-spécialisés comme les analyseurs de logs et les usines à gaz se présentant comme une solution complète à la fois pour l’optimisation technique, sémantique et pour le netlinking, il est facile de se perdre tant l’offre devient pléthorique. On a parfois tendance à se jeter sur les nouveaux outils sans évaluer clairement le gain que cela pourrait nous apporter.

 

Le SEO doit être intégré au marketing

 

J’ai parfois l’impression qu’on oublie notre objectif dans une stratégie SEO. Nous travaillons à booster le positionnement d’une entreprise pour lui apporter de nouveaux clients, nous nous adressons bien à des humains et pas à des machines. A partir du moment où l’on s’écarte de cette voie, le risque est de perdre de vue la finalité de notre travail et de se retrouver avec un site qui ranke et génère du trafic mais qui ne fait pas le plus important : développer le chiffre d’affaires du client.

Autres éléments qui pour moi ont leur importance ; la typologie des clients, leur comportement et le secteur d’activité. Pour commencer, la manière de rechercher sur Google varie selon qu’on soit sur du B2B ou du B2C. Entre un ado souhaitant acheter le dernier casque audio à la mode et un responsable achat qui recherche un nouveau fournisseur, le cycle d’achat est radicalement différent. L’utilisation de la recherche vocale est davantage adaptée pour une réponse rapide à une question souvent basique (recherche d’un lieu, d’une définition, recette de cuisine, biographie, etc.).

Il y a des cas spécifiques qui ne conviennent pas à la recherche vocale, par exemple pour :

  • Comparer plusieurs produits ou services, il est nécessaire de visiter plusieurs sites et on ne peut pas se contenter d’un seul résultat
  • Faire une recherche approfondie pour un sujet en particulier (recherche documentaire, enquête, cycle d’achat long)
  • Fouiner le web à la recherche d’un produit ou d’un service atypique ou d’une offre spéciale (un site comme Cdiscount a justement été pensé pour les personnes qui prennent du plaisir à explorer et comparer pour dénicher une bonne affaire, le principe est le même que sur un marché aux puces, une braderie ou une brocante)

De plus, il y a encore un frein important pour certaines personnes à utiliser cette technologie. La phase d’adoption risque d’être plus longue que prévue.

Avec le cas GMF, Eve Demange et Fanny Berninger nous ont montré tout l’intérêt du SEO et de l’Analytics. Les données récupérées ont montré que les internautes étaient nombreux à avoir besoin d’explications dans des termes simples pour mieux comprendre l’assurance vie et l’assurance décès, et pour savoir les différencier. Les données Search et Analytics ont donc permis d’identifier un besoin pour ensuite ajuster la stratégie de contenus.

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